Perdrix, une romance décalée de Erwan Le Duc – FIFF

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Perdrix est une comédie déjantée, drôle, burlesque et touchante de Erwan Le Duc. Si sa forme abrupte peut choquer de prime abord, elle se découvre, et finalement se savoure. Pendant le tournage, Swann Arlaud qualifiait Perdrix de « comédie d’auteur un peu barrée », ça résume bien l’affaire. Erwan Le Duc présentait ce petit ovni à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, et c’est aujourd’hui au FIFF à Namur, que l’on peut le découvrir, en lice catégorie première œuvre de fiction.

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De passage dans une région boisée, Juliette Webb, Maud Wyler, se fait voler sa voiture. Cet électron libre va débarquer dans la vie de Pierre, capitaine de gendarmerie. La vie rangée du capitaine souffrirait presque de claustrophobie, car à 37 ans, « Pierrot » vit toujours dans la maison familiale avec Thérèse sa mère, Fanny Ardant, animatrice d’émissions radios sur le Grand Amour, Julien son frère, « Juju », Nicolas Maury, biologiste spécialisé en vers de terre, et sa fille Marion, « Marionnette », Patience Munchenbach, passionnée de ping pong. L’arrivée d’une Juliette Webb sans foi ni loi, sans attaches, va être un coup de tonnerre dans cet univers familial confiné et remuer le petit cœur du capitaine Pierrot.

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Erwan Le Duc réunit un casting riche de personnages émouvants dans toute leur fragilité, campés par des acteurs qui épousent chacun la vie de leur protagoniste, aussi bizarre soit-il.

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La forme de ce film multi-genre est surprenante, vivifiante. Voilà une réalisation audacieuse et un univers imaginaire très engagé. Si l’on a un peu de mal à entrer dans le récit à cause de faux raccords, de placement de scènes bruts et de cadrages hors des normes cinématographiques (comme dans les regards entre Pierre et Juliette dans le bureau du commissariat), ces partis-pris constituent une vraie proposition cinématographique. Ils permettent dans cette belle romance complètement déjantée d’insuffler une énergie burlesque rare au cinéma, qui rappelle celle de Pierrot Le Fou de Jean-Luc Godard.