Daily Cannes ! The Eight Mountains, une amitié vertigineuse signée Félix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch

On attendait Félix Van Groeningen (Alabama Monroe) en Compétition Officielle à Cannes avec impatience. Il signe avec sa comparse Charlotte Vandermeersch l’adaptation du best-seller de Paolo Cognetti Le Otto Montagne. Après La merditude des choses (Quinzaine des réalisateurs), The Eight Mountains est le second long métrage du cinéaste présenté à Cannes, une fresque magnifique sur l’amitié masculine.

Enfant de la ville, Pietro rencontre Bruno, dernier enfant à vivre dans un village du Val d’Aoste. Une amitié naît entre les deux garçons qui transforment monts, chemins et rivières en leur royaume. La vie les séparera mais ils se retrouveront, plus tard, à la fois plus âgés et plus matures.

L’art du récit cinématographique, rien à dire, on sait que Félix Van Groeningen le maîtrise. En choisissant d’adapter un roman sur une amitié masculine qui prend source dans les hautes montagnes, il fallait s’attendre à du grand art. C’est le cas. Luca Marinelli (Martin Eden) interprète le désoeuvré Pietro, tandis qu’Alessandro Borghi (Devils) campe le montagnard Bruno. Les deux acteurs investissent parfaitement leur rôle dans ce premier film tourné en Italien par les cinéastes. Sous la caméra de Ruben Impens, l’image est splendide, les plans sur une nature montagneuse sont indescriptibles de beauté. Le format curieusement 4/3 carré, ne va pas chercher l’effet large du 16/9 façon cinémascope et ce cadrage se suffit. Côté bande son le spectateur est bercé par des chansons aux douces mélodies grattées à la guitare, propice à l’immersion dans le récit.

Félix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch signent une superbe fresque sur la vie de personnages forts en questionnement sur l’existence qui font face à une nature visiblement plus forte qu’eux. Les cinéastes magnifient cette amitié et ces vies en revenant au mysticisme de la nature et c’est superbe.