
Les magiciens du cinéma Dominique Abel et Fiona Gordon signent avec L’Etoile filante un polar burlesque et poétique divin. Une comédie feel good qui enchante le grand écran.
Le pitch : Boris, barman à L’étoile Filante, vit dans la clandestinité depuis 35 ans, suite à son implication dans un attentat qui a mal tourné. Son passé refait surface quand une victime le retrouve et veut se venger. L’apparition d’un sosie, le dépressif et solitaire Dom, fournit à l’ex-activiste le moyen parfait d’échapper à la vengeance. Boris, sa compagne Kayoko et leur fidèle ami Tim, tissent une toile funeste autour de Dom. Ils ignorent l’existence de son ex-femme, Fiona, détective privée.
Le film au casting jouissif présente un ensemble de personnages hauts en couleurs, du tueur raté (mais motivé) au bras en métal, Bruno Romy, à la tenancière patronne du bar Kayoko, Kaori Ito, vamp belle et terrifiante enveloppée dans sa robe rouge. On frôle le milieu mafieux à l’Etoile filante également avec Tim, Philippe Martz, l’ami fidèle des patrons. Boris le barman, Dominique Abel chemise satinée, n’est pas en reste. Son sosie, le pauvre Dom, un tantinet dépressif, vit le long du canal près d’un pont avec son chien et tombera malgré lui dans une sévère machination. Fiona son ex femme, Fiona Gordon est une détective toujours un peu à contretemps. Elle cherchera ainsi son ex mari à la place du chien d’une cliente.
Dans cette poésie aérienne et comique les corps élastiques servent de matière filmique, comme les couleurs qui insufflent le rythme du récit. Les protagonistes virevoltent dans de savantes chorégraphies alliées à des décors somptueux. La mise en scène est précise. Chaque cadrage est millimétré de beauté pure. Les codes couleurs réjouissent l’écran. L’image et la bande son sont sublimes.
Les cinéastes commentent par touches et dans son ironie la société contemporaine. Ils ancrent ce long métrage dans une nature omniprésente. Une volonté semble-t-il de nous inonder de verdure en rapport avec l’urgence écologique sociétale actuelle. Dans un plan, furtivement, ils montrent aussi le naufrage hospitalier actuel, au passage, l’air de ne pas y toucher. Dans leur onirisme ils n’oublient jamais le réel. Avec ce film drôle et cocasse Abel et Gordon se placent une fois de plus et définitivement comme les diffuseurs de bonheur du cinéma belge.
Entretien avec Dominique Abel et Fiona Gordon pour Paris Pieds nus