« C’est un film sur la dignité », entretien avec le cinéaste Ziad Doueiri pour L’Insulte

Auteur de l’excellent thriller L’Attentat, Ziad Doueiri réalise cette fois avec L’insulte un film de procès qui confronte à Beyrouth, Toni, chrétien libanais et Yasser, palestinien, pour une banale histoire de gouttière. L’affaire va prendre des proportions inimaginables. Kamel El Basha a remporté le Prix d’Interprétation Masculine à la dernière Mostra de Venise pour son interprétation. Après une enfance au Liban marquée par la guerre civile (1975-1990), Ziad Doueri embarque à 20 ans pour les Etats-Unis étudier le cinéma. Il vit maintenant à Paris où il termine la dernière saison en date de Baron Noir qu’il réalise depuis les débuts. L’homme, énergique et frontal, regarde droit dans les yeux. Il transmet son passé et celui du Liban sans détour, avec la voix forte et bouleversante de ceux qui ne supportent plus l’injustice. Lire la suite

« Une expérience collective de cinéma » Entretien avec Hélène Cattet et Bruno Forzani pour Laissez Bronzer les cadavres

Les films du duo terrible Hélène Cattet-Bruno Forzani sont des événements en soi par l’audace qu’ils déploient, mais aussi parce qu’ils constituent à chaque fois des expériences différentes. Si AmerL’Etrange couleur des larmes de ton corps étaient inspirés du Giallo, c’est vers le western seventies que s’orientent cette fois les cinéastes. Laisser bronzer les cadavres n’est pas encore sorti en salle qu’il déclenche déjà les passions à l’échelle du globe. Un amour de l’image, du son, d’un récit habité, bref du cinéma, du vrai, qui s’attaque de front à la matière filmique pour créer une expérience de salle. Lire la suite

« Je crois en cette magie » Rencontre avec Noa Kooler pour The Wedding Plan de Rama Burshstein

Noa Kooler interprète Michal, la charismatique héroïne de la comédie The Wedding Plan de Rama Burshstein, présentée à la dernière Mostra de Venise. Elle parvient par la folie de son personnage à nous faire aimer une jeune femme moderne et orthodoxe, dont la quête est universelle. On irait volontiers boire un verre avec cette héroïne ultra sympathique. Rencontrer l’actrice qui interprète cette tornade en quête d’espoir apporte forcément son lot de plaisir. C’est un peu comme rencontrer une sorte de Bridget Jones à jeun. Et ça tombe bien, elle est de passage à Bruxelles à l’occasion du Festival International du Film de Bruxelles mais elle n’est pas seule, contrairement à Michal sa moitié l’accompagne ! Lire la suite

« A travers ces trois personnages passe mon expression la plus personnelle » Entretien avec Robert Guédiguian pour La Villa

Connu du grand public pour Marius et Jeannette, Prix Louis Delluc 1997, Robert Guédiguian réalise depuis de nombreuses années un vrai cinéma d’auteur. Le cinéaste a également créé des oeuvres plus éloignées comme Le Promeneur du Champ de mars, film de commande sur les derniers jours de François Mitterrand, ou Le Voyage en Arménie. Ancrés à Marseille avec l’accent du midi, ses personnages sont incarnés par des comédiens à qui il est fidèle et qui le lui rendent bien, tout comme ses collaborateurs. A partir d’histoires de gens, Guédiguian dépeint un portrait du monde empli de valeurs, politiques mais surtout profondément humaines. Son dernier film, La Villa,  est un grand cru.

Stéphanie Lannoy : La base de votre écriture pour ce film est cette calanque de Méjean aux environs de Marseille…
Robert Guédiguian : L’idée était d’inscrire un film entier dans ce lieu qui en hiver ressemble à un décor abandonné. Ces trois personnages y reviennent le prétexte étant que le père va mourir et nous racontent comment ce village est né et la façon dont il est en train de disparaître. Lire la suite

***Palme d’Or*** « L’être humain est un animal de meute », Entretien : Ruben Östlund pour The Square

Photo©StéphanieLannoy


Le Suédois Ruben Östlund
a tout du premier de la classe, chemise ajustée, mèche blonde impeccable, il pitche son film avec talent et humour en moins d’une minute. Professeur à ses heures, il collectionne les prix avec élégance tout en s’amusant de la satire d’un monde qu’il analyse à la loupe de manière très conceptuelle pour décortiquer le comportement humain. Snow Therapy (Force Majeure) était Prix du Jury au Festival de Cannes 2014, tandis que Play son long métrage précédent remportait le Prix Nordique, distinction la plus importante en Scandinavie.  The Square « Le carré », un « sanctuaire de confiance  et de bienveillance » est une remarquable et diabolique œuvre d’art créée avec Kalle Boman. Cette installation a engendré ce film satirique sur le monde de l’art, primé d’une Palme d’Or à Cannes. Coup de maître. Lire la suite

Carte Blanche à Ruben Östlund, réalisateur de The Square, Palme d’or 2017!

Ph©StephanieLannoy

Le Suédois Ruben Östlund a remporté cette année la célèbre Palme d’Or au Festival de Cannes pour son film The Square. Il a amené son trophée à Gand lors du Film Fest Gent où il présentait son film. Il nous pitche son film avec humour et talent. Palme d’or style! Lire la suite

« L’histoire de Zagros ne date pas d’il y a 20 ans, elle se déroule maintenant » Entretien avec Sahim Omar Kalifa, réalisateur de Zagros

Premier long métrage du réalisateur belgo-kurde Sahim Omar Kalifa, Zagros est aussi le premier film flamand à remporter le Grand Prix au Film Fest Gent. Né en Irak, le cinéaste a émigré en Belgique à l’âge de 20 ans. Diplômé de St Luc, ses court-métrages ont été très remarqués : Land of the heroes a remporté le Prix du Jury à la 61ème Berlinale, Baghdad Messi et Bad Hunter se trouvaient tous deux sur la shortlist des Oscars. Zagros est le fruit de l’inspiration d’un cinéaste à l’écoute du monde qui l’entoure, d’une multiculturalité aux influences diverses, et d’une capacité à écouter l’humain. Lire la suite

« Ce microcosme est presque une façon de regarder une partie pour décrire le tout » Entretien avec Laurent Cantet pour L’Atelier

                                                                                                                        Photo © Jérôme Prébois

Laurent Cantet crevait le grand écran en 2000 avec Ressources humaines, qui questionnait les rapports complexes d’un fils directeur et de son père ouvrier dans la même usine. Palme d’or du Festival de Cannes 2008 pour Entre Les murs, le cinéaste continue à analyser son époque et les rapports sociaux, ses films traitant toujours d’un profond sujet sociétal. Dans L’Atelier, il confronte deux mondes entre une écrivaine parisienne qui vient animer un atelier d’écriture à la Ciotat et des jeunes gens coincés dans leur ville dont le passé glorieux s’estompe.
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« Je désirais que l’on ressente le film par les émotions » Entretien avec Sara Forestier pour « M »

On connait Sara Forestier actrice de cinéma et de théâtre, moins la réalisatrice. Celle qui était découverte en remportant le César du Meilleur espoir féminin pour L’Esquive d’Abdellatif Kechiche et celui de la Meilleure actrice pour le Nom des Gens de Michel Leclerc, crevait aussi l’écran dans Suzanne de Katel Quillévéré, a tourné une trentaine de films. Elle est aussi scénariste et réalisatrice et a signé 3 courts métrages. M son premier long métrage est une belle fable d’amour moderne et bouleversante entre deux personnages attachants, qu’elle interprète avec Redouanne Harjane. Plébiscité à la Mostra de Venise M y a remporté le Label Europa Cinemas du Meilleur film européen et deux Prix Fedeora, Meilleur Réalisateur débutant et Meilleur Acteur. Sara Forestier accompagne son œuvre au FIFF. Lire la suite

« Un personnage, c’est une vie dont on est responsable » Entretien avec Emilie Dequenne pour Au-Revoir Là-Haut

Emilie Dequenne dans Au Revoir Là-Haut d’Albert Dupontel

Pas son Genre
de Lucas Belvaux, A perdre la raison de Joachim Lafosse, La fille du RER d’André Téchiné, autant d’oeuvres qui soulignent avec quelle intelligence Emilie Dequenne choisi ses rôles dans des films qui comptent, d’auteurs et populaires à la fois. Une carrière sans faute et des rencontres avec des réalisateurs qui la magnifient. Cette bosseuse classieuse interprète cette fois Madeleine, jeune femme de bonne famille, mélange de douceur, d’ironie et fermeté dans le chef d’oeuvre d’Albert Dupontel, Au Revoir Là-Haut. De passage en Belgique elle nous raconte cette belle aventure. Lire la suite