The Substance, Le Body Horror Choc de Coralie Fargeat

Le deuxième long métrage de Coralie Fargeat après Revenge, The Substance créait le choc sur la Croisette en mai dernier dans la Compétition officielle du 77ème festival de Cannes et remportait le Prix du Scénario. The Substance, film américain est un puissant thriller gore et féministe. En recevant sa Palme d’Or pour Titane, Julia Ducournau remerciait le jury du festival de « laisser entrer les monstres » et le cinéma de genre à Cannes. C’est fait, avec Coralie Fargeat les monstres se sont bel et bien installés.

« Ca s’arrête à 50 ans. » « Quoi ? », s’entendra dire Elisabeth Sparkle par son patron, Harvey, Dennis Quaid, grossier à souhait. A 50 ans Elisabeth Sparkle, éblouissante Demi Moore, est éjectée de la chaine de TV où elle est présentatrice et qui recherche désormais une fille plus jeune et plus belle.

Le casting de The Substance est parfait. Demi Moore et Margaret Qualley forment un terrible duo cinématographique et s’investissent jusqu’à l’os (sans mauvais jeux de mots) dans leurs rôles. Demi Moore effectue un retour fracassant, donne son corps et son âme au personnage sur le grand écran dans une confiance totale à la réalisatrice. Face à elle Sue, Margaret Qualley, assure comme une sorte de réincarnation d’Isabelle Adjani par son regard, beauté sublime et excellente actrice (Kind of kindness de Lanthimos qui était également en Compétition Officielle à Cannes).

Coralie Fargeat s’impose comme héritière de David Cronenberg dans la mutation et la transformation du corps et du monstre. La cinéaste se nourrit de mythes et d’influences cinématographiques majeures qu’elle réinvente dans une nouvelle version pour écrire son brillant scénario. On retrouve notamment, les contes et mythes de jeunesse éternelle, Faust, (des influences comme le film Carrie, Elephant man) dans ce thriller fantastique qui capte le spectateur jusqu’à son dénouement, après moultes scènes sanguinolentes. La mise en scène reprend les codes du cinéma Gore américain et une esthétique clinique du cinéma fantastique sans oublier une touche d’humour fort bienvenue.

Coralie Fargeat modernise et féminise le genre avec beaucoup d’intelligence en s’appuyant sur des problématiques réelles. « Une fille devrait toujours sourire ».
Le film nourrit malgré lui le #meetoo du cinéma à Cannes. Après Barbie sur les diktats du jeunisme et de la beauté, la cinéaste frappe fort avec son incroyable Body horror movie qui a fait le bonheur de la croisette.