C’est un record, une pluie de Magritte s’est abattue sur Flagey ce samedi 22 février, récoltée par le jeune cinéaste Michiel Blanchart 32 ans, pour son premier long métrage La Nuit se Traine lors de la 14ème Cérémonie des Magritte du Cinéma belge.
Amal de Jawad Rhalib, Une part manquante de Guillaume Senez, Il pleut dans la maison de Paloma Sermon-Daï ainsi que Quitter la nuit de Delphine Girard concouraient également dans la catégorie du meilleur film. Mais le challenger a tout emporté sur son passage raflant pas moins de 10 statuettes dont celle du Meilleur film et de la Meilleure réalisation.
La nuit se traîne est un thriller poursuite sur fond politique qui se déroule dans une ville de Bruxelles aux airs de New York, filmée avec une audace folle pour le premier film d’un cinéaste assurément à suivre. Le long métrage a envoûté la soirée, séduit les professionnels votants comme le public des salles de cinéma. Le lauréat était récemment élu Prix Cavens (meilleur long métrage belge de l’année 2024) par l’Union de la Critique Cinématographique (UCC/UFK) ex aequo avec Soundtrack to a Coup d’Etat de Johan Grimonprez.
La 14ème Cérémonie des Magritte fut originale et au fond très belge, joyeusement animée par une trublionne de l’humour, Charline Vanhoenacker qui a parfaitement ordonné l’événement chronomètre en main en référence à la longueur un peu distendue de l’émission de l’année dernière. Tantôt parée d’une robe de bal, tantôt déguisée en pizza ou en César géant qui juge la Cérémonie des Magritte bien plus fun que la française, l’humoriste politique a assuré le spectacle avec ses comparses Alex Vizorek, Thomas VDB, le chansonnier Frédéric Fromet ou encore Pierre Kroll dans un hommage bienvenu au dessin de presse et à la caricature. Un Humour noir taquin à l’opposé du discours en responsabilité de la Présidente de la Cérémonie, découverte il y a vingt ans dans L’Enfant des frères Dardenne, l’actrice Deborah François.
Gilles Lellouche a reçu un Magritte d’Honneur des mains d’une belle bande d’artistes, François Damiens, Philippe Catherine et le scénariste Thomas Bidegain. Le réalisateur du Grand Bain et de L’Amour Ouf s’est dit ému et bouleversé en recevant cet unique et premier Prix qui récompense sa filmographie.
Lubna Azabal décroche le cinquième Magritte de sa carrière pour son rôle dans Amal. Elle est exceptionnelle en professeur qui enseigne les valeurs fondamentales à ses élèves en leur permettant d’acquérir un esprit critique et décroche ainsi le Magritte de la meilleure actrice. Arieh Worthalter celui du meilleur acteur pour son rôle dans Chiennes de vie. Les Prix des meilleurs espoirs féminin et masculin sont remportés par les désarmants comédiens du superbe Il pleut dans la maison de Paloma Sermon-Daï). Frère et sœur de cinéma comme dans la vie, Makenzy et Purdey Lombet remportent chacun un Magritte bien mérité.
PALMARES COMPLET
MAGRITTE DU MEILLEUR FILM
La nuit se traîne de Michiel Blanchart, produit par Michaël Goldberg et Boris Van Gils (Boucan Brussels)
MAGRITTE DU MEILLEUR PREMIER FILM
La nuit se traîne de Michiel Blanchart, produit par Michaël Goldberg et Boris Van Gils (Boucan Brussels)
MAGRITTE DE LA MEILLEURE RÉALISATION
Michiel Blanchart pour La nuit se traîne
MAGRITTE DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE
Les miennes de Samira El Mouzghibati, produit par Alice Lemaire et Sébastien Andres (Michigan Films)
MAGRITTE DU MEILLEUR FILM FLAMAND
Julie zwijgt de Leonardo van Dijl, produit par Gilles Coulier, Gilles De Schryver et Wouter Sap (De Werelvrede) et coproduit par Delphine Tomson, Jean-Pierre et Luc Dardenne (Les Films du Fleuve)
MAGRITTE DU MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL OU ADAPTATION
Michiel Blanchart pour La nuit se traîne
MAGRITTE DU MEILLEUR FILM ETRANGER EN COPRODUCTION
La plus précieuse des marchandises de Michel Hazanavicius, coproduit par Delphine Tomson, Jean-Pierre et Luc Dardenne (Les Films du Fleuve)
MAGRITTE DE LA MEILLEURE ACTRICE
Lubna Azabal dans Amal (rôle : Amal)
MAGRITTE DU MEILLEUR ACTEUR
Arieh Worthalter dans Chiennes de vie (rôle : Franck)
MAGRITTE DE LA MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE
Louise Manteau dans Il pleut dans la maison (rôle : Leïla)
MAGRITTE DU MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE
Jonas Bloquet dans La nuit se traîne (rôle : Théo)
MAGRITTE DU MEILLEUR ESPOIR FÉMININ
Purdey Lombet dans Il pleut dans la maison (rôle : Purdey)
MAGRITTE DU MEILLEUR ESPOIR MASCULIN
Makenzy Lombet dans Il pleut dans la maison (rôle : Makenzy)
MAGRITTE DE LA MEILLEURE IMAGE
Sylvestre Vannoorenberghe pour La nuit se traîne
MAGRITTE DU MEILLEUR SON
David Vranken, David Gillain, Joey Van Impe, Thibaud Rie, Fabrice Grizard, Antoine Wattier et Vincent Gregorio pour La nuit se traîne
MAGRITTE DES MEILLEURS DÉCORS
Catherine Cosme pour La nuit se traîne
MAGRITTE DES MEILLEURS COSTUMES
Isabel Van Renterghem pour La nuit se traîne
MAGRITTE DE LA MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE EX AEQUO
Frédéric Vercheval pour Green border
Charles de Ville et Nelly Tungang pour Sauvages
MAGRITTE DU MEILLEUR MONTAGE
Matthieu Jamet-Louis pour La nuit se traîne
MAGRITTE DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE DOCUMENTAIRE
Les vivant·es d’Inès Rabadán, produit par Anne-Laure Guégan et Géraldine Sprimont (Need Productions)
MAGRITTE DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE DE FICTION
Eldorado de Mathieu Volpe, produit par Sebastian Schelenz (Velvet Films)
MAGRITTE DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE D’ANIMATION
En mille pétales de Louise Bongartz, produit par Bastien Martin (Camera-etc)
Photo: Michiel Blanchart reçoit l’un de ses dix Magritte accompagné de ses producteurs Boris Van Gils et Michaël Goldberg, Copyright Académie André Delvaux/ Danny Gys.