Félicité de Alain Gomis, Bouleversant portrait de femme dans le Congo d’aujourd’hui – En salle le 3 mai

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Félicité, femme libre et fière, est chanteuse dans un bar, le soir à Kinshasa. Sa vie va basculer lorsque son fils de quatorze ans, Samo, sera victime d’un accident de moto. Félicité va alors entamer une course folle dans une Kinshasa électrique, afin de réunir les fonds nécessaires pour sauver son fils. Sur sa route elle rencontrera un homme, Tabu. Lire la suite

The Other side of hope, le cri du coeur de Aki Kaurismäki pour une Europe plus belle – En salle le 22 mars

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Helsinki. Wikström, la cinquantaine, décide de changer de vie. Il quitte sa femme alcoolique et abandonne son commerce de chemises pour ouvrir un restaurant. Khaled, jeune réfugié Syrien, a atterri à Helsinki par erreur. Malgré le refus opposé à sa demande d’asile, il décide de rester. Un soir, Wikström le trouve dans la cour de son restaurant. Il décide de lui venir en aide.  Lire la suite

HEDI de Mohamed Ben Attia : Majd Mastoura convaincant en homme tiraillé dans la Tunisie d’aujourd’hui -Sortie le 19 octobre

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Kairouan, en Tunisie, peu après le printemps arabe. Hedi, 30 ans, travaille comme commercial. Non que cela le passionne, c’est comme ça. Il aime dessiner, ce qui lui permet de s’évader. Son mariage avec une très belle jeune femme, Khedija (Omnia Ben Ghali) est imminent. Sa famille et notamment sa mère envahissante (Sabah Bouzouita), a tout arrangé. Bref, tout roule sur des rails dans la vie d’Hedi. Jusqu’au jour où il va rencontrer Rim (Rym Ben Messaoud), qui est animatrice d’un centre de vacances. Hedi va devoir faire des choix.

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C’est un premier long-métrage parfaitement maîtrisé que nous offre Mohamed Ben Attia, qui en a écrit le scénario d’une plume extrêmement fine. Le film a été remarqué à Berlin où Majd Mastoura, l’interprète principal y a remporté l’Ours d’argent du meilleur acteur pour son interprétation de Hedi.

Avec cette comédie dramatique, Mohammed Ben Attia réalise un double challenge. Il brosse le portrait psychologique très réussi d’un homme tiraillé entre modernité, traditions et famille. La progression psychologique du personnage principal y est très bien décrite et nous plonge dans un questionnement profond sur ses actes à venir. C’est aussi parallèlement, un portrait de la Tunisie actuelle, hésitante entre modernisme et passé, qu’il dresse, agrémenté d’un constat économique sans concession.

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L’originalité de ce récit est de poser un homme en protagoniste principal englué dans les traditions familiales, dans l’attente d’un mariage arrangé. Habituellement, ce serait une femme qui serait envisagée dans ce rôle. C’est nouveau et on est captivés par l’histoire de ce jeune homme qui évolue comme il le peut. Hedi est plutôt réservé, il accepte sa vie telle qu’elle est sans la remettre en question. Il la regarde passer. Promis en mariage à une belle jeune femme avec qui il semble s’entendre assez bien, il parait satisfait. Sa rencontre avec Rim va fissurer ses certitudes et lui ouvrir des horizons inespérés. Il découvre une autre façon de voir la vie. Jusqu’où Hedi va-t-il pouvoir aller et comment ?

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L’emploi de Rim dans un centre de vacances sert aussi au cinéaste à montrer les difficultés actuelles du pays post printemps arabe. Grâce à ce personnage, les thèmes des centres de vacances désertés par les touristes étrangers, le licenciement du personnel du secteur touristique, la nécessité de s’expatrier pour trouver du travail sont partie prenante du récit. Mohammed Ben Attia témoigne aussi des perspectives d’avenir peu reluisantes des jeunes qui restent dans le cocon familial, étouffés dans la tradition comme l’est Khedija. Le frère d’Hedi (Hakim Boumessaoudi) quant à lui, vit à l’étranger, même s’il revient pour prendre le rôle de son père décédé, afin d’organiser le mariage.

On aime l’ histoire de cet homme envisagé avec toutes ses fragilités, qui va malgré tout tenter d’évoluer au-delà des barrières sociales et traditionnelles. Même si tout ce qui n’épouse pas la tradition sera vécu comme une honte pour la famille.