Insyriated / Une famille syrienne de Philippe Van Leeuw, la vie continue – Coup de coeur!

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Insyriated est un film magnifique, un drame du quotidien et de l’horreur à la fois. Philippe Van Leeuw mêle avec talent la simplicité des choses ordinaires à l’horreur de la guerre, dont on sera presque préservés un temps par ce huis clos, tout en en découvrant toute l’absurdité.  Lire la suite

Sally Hawkins et Ethan Hawke épatants dans Maudie de Aisling Walsh, biopic sur la peintre Maud Lewis – Sortie 6/9

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Maudie de Aisling Walsh est un joli biopic sur Maud Lewis (1903-1970), peintre nord-américaine prolifique de style naïf. De facture classique, ce drame romantique séduit par son histoire particulière et l’humanisme profond qui s’en dégage. Lire la suite

« Je souhaite raconter de quelle façon les femmes vivent dans une société qui les opprime de façon invisible » entretien avec la Cinéaste Lais Bodanzky pour Comme Nos parents

Lais Bodanzky est une scénariste et cinéaste brésilienne qui a notamment réalisé le film La bête a 7 têtes qui lui valut les prix du Meilleur long-métrage de fiction et de Meilleure réalisatrice aux Grand prix du Cinéma Brésilien en 2002. Elle se distingue par des dons multiples puisqu’elle réalise des fictions comme des documentaires et a aussi dirigé des pièces de théâtre. Concernée par son époque, Comme nos parents tout en étant une histoire captivante, réussit en filigranes une fine analyse de la place de la femme à notre époque. Ce long métrage a été présenté à la Berlinale section Panorama. Lire la suite

Entretien avec Carla Simon Pipo pour son émouvant Eté 1993, Prix du Meilleur Premier Film à la Berlinale

Carla Simon Pipo a décroché le Prix du Meilleur Premier Film au dernier Festival de Berlin pour Eté 1993 (Estiu 1993), sur le drame que traverse une petite fille orpheline accueillie par sa nouvelle famille. La Catalane d’origine est revenue sur les lieux de cette histoire autobiographique pour la mettre en scène et on admire son talent à rendre les émotions et sensations que ressent la petite Frida. Lire la suite

Le (petit) journal du 70e Festival de Cannes – Summer 1993, de Carla Simon Pipo – Prix du Meilleur Premier Film à la Berlinale, présenté à Cannes 2017

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C’est un été bien troublé pour la jeune Frida que nous dépeint la réalisatrice Catalane Carla Simon Pipo dans Summer 1993 (Estiu 1993). Suite à la mort de ses parents, la petite fille va devoir se déplacer de la ville à la campagne au sein de sa nouvelle famille. Des parents mais aussi une jeune sœur, Anna, qu’il va falloir accepter. C’est une histoire autobiographique que reconstitue avec les bribes de sa mémoire la réalisatrice Carla Simon Pipo. Lire la suite

Félicité de Alain Gomis, Bouleversant portrait de femme dans le Congo d’aujourd’hui – En salle le 3 mai

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Félicité, femme libre et fière, est chanteuse dans un bar, le soir à Kinshasa. Sa vie va basculer lorsque son fils de quatorze ans, Samo, sera victime d’un accident de moto. Félicité va alors entamer une course folle dans une Kinshasa électrique, afin de réunir les fonds nécessaires pour sauver son fils. Sur sa route elle rencontrera un homme, Tabu. Lire la suite

« C’est le cœur de ce message. Se voir comme des humains avant tout et malgré tout » Entretien avec Sherwan Haji pour The other side of hope de Kaurismäki

Sherwan Haji interprète le rôle principal du dernier film d’Aki Kaurismäki, The other side of hope. Il y incarne Khaled, un réfugié syrien qui débarque par erreur à Helsinki. Diplômé de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique de Damas, Sherwan Haji a joué dans de nombreuses séries TV en Syrie. Arrivé en Finlande en 2010, il a poursuivi ses études en Angleterre et a obtenu un Master à la Cambridge School of Art en 2016. Outre son travail d’acteur, il a écrit des scénarii, réalisé plusieurs courts-métrages et des installations vidéo. Depuis 2012, il produit aussi des films à travers sa société de production Lion’s Line. Lire la suite

« Les gens doivent essayer d’être plus tolérants, de moins voir le monde du côté de l’avarice et de la politique et plus du côté de la vie » Entretien avec Sakari Kuosmanen pour The other side of hope de Kaurismäki

Sakari Kuosmanen, acteur et musicien Finlandais, interprète brillamment le rôle de Wikström dans le dernier film d’Aki Kaurismäki, The other side of hope. Amis dans la vie, les deux hommes collaborent depuis de nombreuses années dans plusieurs œuvres du cinéaste. Personnage principal de Juha, Sakari Kuosmanen était aussi présent, entre autres œuvres, dans L’homme sans passé et Au loin s’en vont les nuages. Il a aussi enregistré plusieurs albums solo et collaboré avec les Leningrad Cowboys et les Sleepy Sleepers. Il répond à nos questions lors d’un entretien teinté d’humour. Lire la suite

The Other side of hope, le cri du coeur de Aki Kaurismäki pour une Europe plus belle – En salle le 22 mars

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Helsinki. Wikström, la cinquantaine, décide de changer de vie. Il quitte sa femme alcoolique et abandonne son commerce de chemises pour ouvrir un restaurant. Khaled, jeune réfugié Syrien, a atterri à Helsinki par erreur. Malgré le refus opposé à sa demande d’asile, il décide de rester. Un soir, Wikström le trouve dans la cour de son restaurant. Il décide de lui venir en aide.  Lire la suite

Fuocoammare « Fire at the sea» de Gianfranco Rosi : Constat glaçant de la fracture Nord/Sud – En salle le 21 septembre

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Samuele, 12 ans, aime jouer dans la lande, grimper aux arbres, fabriquer des lance-pierres. Il vit sur l’ile de Lampedusa avec sa famille. Le temps passe tranquillement. Autour de l’île, c’est le drame. Des milliers de migrants tentent de traverser la mer.

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En se rendant sur l’île de Lampedusa entre la Sicile et l’Afrique, le réalisateur Gianfranco Rosi, déjà primé par un Lion d’or à la Mostra de Venise pour le documentaire Sacro GRA, s’est rendu compte que la réalité insulaire était bien différente de l’image habituellement véhiculée par les médias. En prise avec le réel, le documentariste impose une neutralité de point de vue : son film expose deux réalités en parallèle, celle de la vie des habitants et celle de l’arrivée incessante des naufragés. Le film pose des faits, juste des faits. Ce film dérangeant est le premier documentaire à remporter l’Ours d’or de la Berlinale 2016.

La vie s’écoule paisiblement à Lampedusa. Les différents personnages sont préoccupés par leur vie quotidienne, aux antipodes du drame qui se déroule autour de l’île. On suit le jeune Samuele qui évolue entre des jeux dans la lande sauvage, la chasse, ses nouvelles lunettes… Pendant ce temps, sa grand-mère cuisine. L’animateur de radio anime son antenne. Le plongeur effectue des pêches quotidiennes. Bref le temps passe tranquillement sur l’île.

Un élément de récit est finement amené : la vie insulaire suppose que les habitants s’endurcissent pour affronter la mer. Sur les conseils de son père marin : « A la place de jouer au lance-pierre va te faire l’estomac sur le ponton », le jeune Samuele s’entraîne à supporter le roulis et vaincre son mal de mer en restant debout sur une barque.

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Un parallèle glaçant à cette vie tranquille est tracé avec le drame qui se déroule autour de l’ile : Hors les terres les migrants prennent de terribles risques en traversant la mer sur des embarcations de fortune surpeuplées, sans même savoir nager. On s’approche méthodiquement du drame que l’on découvre pas à pas : D’abord par le son des messages radios, puis on accompagnera les sauveteurs en combinaison blanche sur leurs bateaux et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on s’approche vraiment des naufragés. Des rescapés témoignent en chantant dans une sorte de transe extrêmement émouvante. Ils chantent leurs aventures dans ce difficile voyage, les pays qu’ils ont traversé et les obstacles sur ce rude chemin. Ils racontent qu’à chaque étape il y a eu des morts, trop de morts. Que dans le désert ils ont été contraints de boire leur urine. Mais que finalement, dieu les a sauvé. On suivra aussi les sauveteurs jusqu’aux cales d’un bateau surpeuplé où gisent des malheureux qui n’ont pas survécu à cette impossible épreuve.

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C’est le seul médecin de l’île, le Docteur Pietro Bartolo, qui va porter la parole de ce groupe et raconter le drame qu’il vit tous les jours depuis 30 ans, dans un témoignage bouleversant. Assis face à son ordinateur sur lequel défilent des photos, le docteur raconte l’horreur. Il évoque les terribles brûlures dûes au carburant, les cadavres d’enfants… Pour cet homme exemplaire c’est « le devoir de tout être humain d’aider les gens ».

Fuocoammare est un film nécessaire. En présentant ces 2 mondes qui ne se côtoient pas le film renvoie symboliquement à la cassure nord/sud mondiale et oblige le spectateur à se questionner, le propulsant de fait dans la position d’un insulaire de Lampedusa préoccupé par sa vie quotidienne pendant que les drames continuent. La réalité que dénonce le film est que 400 000 personnes ont essayé de traverser la mer et 15 000 sont mortes.