Aline, de la star à la femme : Valérie Lemercier rend un hommage solaire à Céline Dion

Librement inspiré de la vie de Céline Dion, Aline est un biopic solaire, drôle et touchant qui présente son personnage principal avec beaucoup d’amour… et d’humour. Valérie Lemercier attendait sans doute un sujet à sa hauteur, un personnage proche d’elle qu’elle puisse embrasser à corps perdu. La comédienne-humoriste-réalisatrice signe avec Aline son film le plus réussi.

Québec fin des années 60. La jeune Aline est la quatorzième d’une joyeuse tribu. Au beau milieu de ce chaleureux milieu musical, la petite fille développe très tôt un don pour le chant. Présentée par sa mère et son frère à un producteur à 12 ans, Guy-Claude, c’est une carrière en or qui s’ouvre à elle, guidée par une famille aimante.

Entre Valérie Lemercier et Céline Dion, la femme est mise à l’honneur au-delà des paillettes. L’une est connue, l’autre star, et les deux partagent des expériences de vies similaires dans le spectacle, notamment la célébrité, le fait d’avoir un public et de monter sur scène.
En terme de langage du corps, elles sont brunes et filiformes, le spectateur accepte facilement l’interprétation. Cela donne naissance à un troisième personnage, une sorte de mélange entre les deux femmes, qui les dépasse. A la fois derrière et devant la caméra, Valérie Lemercier se transcende. Elle surprend en interprétant Aline petite, grâce à un ingénieux procédé 3D où son visage est greffé sur un corps enfantin. On accepte volontiers cet étonnant parti pris pour la voir ensuite grandir, de jeune fille à femme. Valérie Lemercier vit réellement son interprétation en apportant une douce touche d’humour au film. Elle s’épanouit en interprétant ce personnage – celui de sa vie ? – sans pour autant jamais en faire trop. Victoria Sio chante la voix de l’héroïne adulte et Emma Cerchi celle de la petite fille.

Le scénario s’appuie sur les chansons, véritables illustrations du vécu de la star et donnent du sens au récit. Valérie Lemercier relate ainsi une histoire que le spectateur connait même de manière lointaine à travers ces mélodies. La cinéaste lève le voile sur l’intimité de la chanteuse. Ses débuts à 12 ans poussée par sa famille-tribu de musiciens. Sa rencontre avec Guy-Claude, parfaite incarnation de René, Sylvain Marcel et l’acceptation de la relation amoureuse malgré la différence d’âge. Le suivi par la famille de la carrière de la jeune femme, la mère, formidable Danielle Fichaud, manageuse et les amitiés, comme avec Fred son coiffeur-complice.

Valérie Lemercier réussit un biopic émouvant, plein de compassion pour son héroïne Aline et nous raconte le chemin d’une petite fille devenue femme, de la petite maison familiale à la gigantesque villa de star où elle se perd. La réalisation est efficace, basée sur cette fameuse maison comme point central, suivie par l’aspect too much des scènes de concert, filmant Aline de dos face à une foule en délire. On mesure dans ce point de vue l’exceptionnelle existence et l’accomplissement de cette femme, vue par les yeux compréhensifs d’une autre.

Photos ©Jean-Marie Leroy