Daily Cannes! Blackkklansman : Spike Lee livre une vision politique de la société américaine dans un film coup de poing

Spike Lee fait son grand retour en Compétition Officielle à Cannes et renoue avec son côté militant des années 90, en une comédie qui se révèle une vraie bombe politique. C’est avec les bagues « Love et Hate » de son film Do The Right Thing à chaque main, que le cinéaste est venu présenter son film entouré de tous ces acteurs.

Ron Stallworth, un policier afro-américain demande à être infiltré dans le ku klux klan. Il va judicieusement parvenir à entrer dans le système.

Spike Lee nous raconte avec beaucoup d’humour l’histoire de ce héros sympathique et attachant, Ron Stallworth, John David Washington, un type cool avec sa coiffure afro. Opposé aux radicaux des Black Panther que son amie Patrice, Laura Harrier, préside, Ron a toujours voulu être flic et croit en la justice pour lutter contre le racisme, malgré les meurtres de noirs perpétrés par des flics blancs qui se multiplient. Il va former avec son collègue juif Flip Zimmerman, Adam Driver, un duo de choc pour infiltrer le milieu des suprémacistes blancs.

Cette fiction est constituée d’un panel de références authentiques et historiques. Le film est inspiré d’une histoire vraie. Spike Lee glisse dans la bouche de ses personnages des citations actuelles qui proviennent directement de la présidence des Etats Unis. On entendra « America first » « Make America great again », slogans que Duke le (vrai) leader du Ku klux klan, emprunte à Donald Trump.

Le cinéaste montre les membres du Klan regarder et acclamer Naissance d’une Nation de Griffith, une oeuvre profondément raciste qui raconte la guerre de sécession du point de vue sudiste. Il revient ici à la naissance du cinéma, en 1915. Le couac est que ce film représente les fondements du cinéma et est enseigné comme tel dans les écoles…

Dans la tradition de Youssef Chahine et de son Destin, le cinéaste choisi la comédie et l’humour pour faire passer son message au plus grand nombre et alerter sur les dérives actuelles du gouvernement américain. Le point d’orgue se trouvant dans la diffusion d’images des événements qui se sont déroulés à Charlottesville en 2017. Lors d’une manifestation réunissant l’extrême droite américaine, des néos nazis aux membres du Ku klux Klan, l’un d’eux a foncé en voiture parmi la foule d’opposants pacifistes, tuant Heather Heyer, 32 ans et en blessant 19 autres. Spike Lee nous montre ensuite Trump commenter le drame, considérant à égalité les deux courants opposés, affirmant ainsi qu’il y avait des « gens très bien des deux côtés ». Tout est dit.