
Les trailers s’annonçaient prometteurs et attisaient la curiosité. Ryan Gosling en Ken accompagnant une Barbie campée par Margot Robbie, mais quel est donc cet OVNI arrivé sur nos grands écrans ?
Long métrage signé Greta Gerwig (Lady Bird) sur un scénario co-écrit avec Noah Baumbach (Marriage Story), produit par Warner Bros et Mattel, Barbie humanise la poupée légendaire en une comédie déjantée, drôle et sympathique qui cache en sous-texte le problème des déséquilibres de genres de notre société, en d’autres termes le patriarcat.
Si l’on devait décerner un prix spécial ce serait à Ryan Gosling (Lalaland), tout en bronzage et abdos, dans le rôle de Ken inutile « Mon job c’est plage !», qu’il interprète merveilleusement avec beaucoup d’humour. Margot Robbie (Scandale) face à lui joue une Barbie stéréotypée hors pair. Sourire plaqué, pieds sur leur demi-pointe, elle est la Barbie originelle, blonde, parfaite. Mais voilà, un jour Barbie commence à avoir des pensées morbides. C’est le grain de sable qui va enrayer le bon fonctionnement de cet univers artificiel, factice et tellement drôle.
Greta Gerwig ose une comédie audacieuse et inverse la tendance homme/femme de notre société. Le parti pris de faire entrer le spectateur à Barbieland n’était pas une mince affaire, mais la reconstitution est étonnante. A Barbieland, Barbie, une femme, assume tous les rôles : Prix Nobel, Présidente, tout. Chaque soir les soirées filles éclatent dans ce monde idyllique. Car à Barbieland, les Barbies sont heureuses, persuadées d’avoir résolu tous les problèmes d’égalité dans le monde. Par leur diversité et leurs activités (avocates, docteur etc) elles ont permis à toutes les petites filles du monde réel de devenir des femmes fortes. Quant à Ken, Barbie ne sait même pas où il habite…
Cette comédie se distingue par ses bonnes idées, un bon pitch et des dialogues savoureux. Elle fourmille d’idées ingénieuses. Les pieds de Barbie (ceux de la poupée étaient faits pour porter des talons aiguille), deviennent soudain plats. Malformation, défection ? tout fout le camp. Alors, ce sera talons aiguille ou Birkenstocks à l’avenir pour Barbie? (référence au fameux choix entre la pillule bleue et la rouge de Matrix?). Sans oublier les chorégraphies de rigueur dans ce monde enchanté des poupées. Saluons la performance des acteurs qui assument à la fois chorégraphie et chants. Tout en utilisant de grosses ficelles, le film est plaisant, original. Truffé de références cinématographiques il diffuse par son odeur de bonbon rose un discours à la fois drôle et politique. La comédie de l’été !
Sortie en salle le 19 juillet 2023.