Sauvages de Claude Barras, une aventure forestière solaire en forme de SOS écologique

Après le succès de Ma vie de Courgette, Claude Barras réalise Sauvages, un drame d’animation éducatif pour petits et les grands au sein de la forêt tropicale. Une fois de plus le cinéaste crée un récit dénué de naïveté et emprunt de réel pour amener les plus jeunes à mieux comprendre notre monde. Comme la chanson de Balavoine que les personnages fredonnent «Tous les cris les SOS, partent dans les airs» ce long métrage, avec toute sa douceur de l’enfance est un touchant SOS écologique. Le film était projeté en Séance Spéciale au Festival de Cannes. Présent au FIFF à Namur, le cinéaste nous a accordé un entretien (à lire ici).

A Bornéo, en forêt tropicale, Kéria adopte un bébé orang-outang trouvé dans la plantation de palmiers où travaille son père. Son jeune cousin Selaï, issu du peuple Penan, débarque au même moment chez elle et son père pour échapper au conflit qui oppose sa famille nomade aux exploitants forestiers. La forêt ancestrale est plus que jamais menacée. Ensemble, Kéria, Selaï et le bébé singe Oshi vont tout faire pour stopper cette destruction programmée.

Les voix-off donnent corps aux protagonistes de cette grande aventure forestière. Benoit Poelvoorde interprète avec douceur le père de Kéria, elle-même campée par Babette de Coster. Son cousin Selaï est joué par Martin Verset. Laeticia Dosh incarne totalement Jeanne, cette scientifique rousse qui vit dans la jungle, on visualise presque l’actrice tant elle l’incarne dans son aspect décalé. La biologiste dénonce les méfaits de la destruction de la forêt, au profit de l’huile de palme néfaste, de fabrication de papier toilette…
Claude Barras a co-écrit le scénario avec Catherine Paillé et l’on y décèle un talent pour les dialogues. Le monde des enfants et leurs réactions y sont assez justes. D’un point de vue narratif le cinéaste oscille toujours entre la fable et le réel et c’est ce qui plait dans son cinéma. Rien n’est naïf, tout y est explicatif à hauteur d’enfant. Une animation joliment travaillée en Stopmotion, de petits personnages craquants aux grands yeux, une forêt visuellement riche à en couper le souffle et une bande son de Charles de Ville, concepteur sonore à la hauteur de cet univers mystérieux et multiple.

Cette histoire d’enfants et d’adultes, d’humains, au coeur de Bornéo est un cri écologique contre la destruction de la planète sur laquelle nous vivons. La population d’orangs-outans est passée de 80 000 au début des années 60 à 8 000 à peine aujourd’hui. La déforestation a fait des ravages à grande échelle. Seules 10% des forêts primaires non exploitées subsistent encore là-bas.

Un site pour agir: https://www.sauvages-lefilm.com/

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