Kiki el amor se hace : Comment le sexe peut devenir un problème (et comment le résoudre!) une comédie drôlatique de et avec Paco León

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Cinq histoires de couples se déroulent en parallèle lors d’un été caliente à Madrid. Plusieurs des personnages se trouvent affublés d’une attirance sexuelle très particulière. Natalia (Natalia Molina) et alex (Álex García) sont jeunes, beaux et ont la vie devant eux. Mais Natalia est harpaxophile : elle trouve le larcin excitant. Sandra (Alexandra Jiménez), elle, est attirée par les tissus luxueux… Chaque personnage devra apprendre à vivre avec sa particularité ou celle de l’autre, dût-il en passer par des situations tendues, extrêmement drôles et rocambolesques.

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Paco León, connu notamment pour avoir défrayé la chronique sur twitter en postant une photo de lui nu pour fêter le million d’abonnés sur son compte, joue et réalise une comédie au regard très osé, rafraichissant et drôle. Dès le générique nous sommes prévenus : une scène d’amour de couple se déroule sous nos yeux dont un quart de l’image est remplacée par divers animaux. Sous couvert de film « sérieux », et c’est là tout le comique, le film se base sur des définitions scientifiques, scrupuleusement écrites sur l’écran: harpaxophilie, Dacryphilie, Dendrophilie, somnophilie,… qui nous éclairent sur le comportement de quelques-uns des personnages que nous découvrons donc, atteints de paraphilie : « l’ensemble des attirances ou pratiques sexuelles qui diffèrent des actes traditionnellement considérés comme normaux ». Des comportements qui sont inattendus pour la plupart et provoquent des situations hilarantes, mais que les protagonistes sont contraints de vivre et d’assumer à leurs dépens. Le film nous montre au départ des personnages isolés avec leur souci personnel. Ceux-ci devront finalement apprendre à se comporter correctement malgré les situations rocambolesques que cela peut engendrer : Candelaria (Candela Peña), excitée par les pleurs, assistera à un enterrement, Sandra ne se retiendra plus devant une chemise en soie dans le métro… Ils seront finalement bien loin d’être seuls dans leur situation puisque les cinq histoires qui s’entrecroisent proposeront la même idée. Comme de nombreux personnages connaissent ce type de « symptômes » cela deviendra finalement la norme et le point commun des protagonistes.

Paco León s’appuie sur une pléiade de comédiens très bien choisis (dont lui-même), qui servent l’originalité de cette comédie espagnole avec talent. On sent la patte d’un cinéaste dont le propos est original tout comme la manière de porter celui-ci à l’écran. L’esthétique du film est aussi très particulière, l’image réalisée par le Directeur photo Kiko de la Rica est très lumineuse et et participe au positivisme du film. C’est une comédie colorée, drôle et aussi un beau plaidoyer pour l’amour libre. On prend un réel plaisir à voir cette comédie hilarante qui sort des sentiers battus.