Maman a tort de Marc Fitoussi, malaise adolescent au sein de l’entreprise – En salle le 23 novembre

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La jeune Anouk, 14 ans, doit réaliser son stage de troisième en entreprise. Un projet dans une émission de télévision tombe à l’eau et elle se retrouvera stagiaire dans la société d’assurance de sa mère. Anouk va découvrir le monde de l’entreprise et ses codes, mais aussi percevoir sa mère sous un jour qu’elle ne soupçonnait pas.

 

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Maman a tort, est le cinquième long-métrage de Marc Fitoussi et comme à son habitude le cinéaste réalise une comédie sur un fond grave, probablement la plus dramatique qu’il ait tourné jusqu’ici. On découvre le monde de l’entreprise sous le prisme des yeux de la jeune Anouk du haut de ses quatorze ans, Jeanne Jestin, véritable révélation du film (Orage de Fabrice Camoin, Le passé de Asghar Farhadi). Ce parti pris permet au cinéaste de dénoncer les absurdités d’un monde de l’entreprise où le ridicule ne tue pas. Une employée peut laisser tomber son plateau repas au self-service et se mettre à hurler sans que ses collègues ne réagissent. La jeune Anouk va découvrir cet univers et accepter les services idiots que des employées, Mathilde et Bénédicte, les excellentes Camille Chamoux et Nelly Antignac, vont lui demander : placer toutes les armoires à gauche du débarras, puis non, à droite et ainsi de suite, sans même être capable d’émettre un avis commun et constructif.

Si le film débute sur un ton léger, les déconvenues de l’innocente Anouk vont peu à peu prendre le pas sur le récit. Emilie Dequenne est formidable en Cyrielle, mère modèle entretenant avec sa fille une relation fusionnelle. Toutes deux forment un joli duo mère-fille. De la mère sympathique et ouverte, Cyrielle va se révéler être une implacable femme d’affaires à la fois engluée dans ses soucis, mais qui a aussi fait des choix extrêmes pour son évolution personnelle. Le vernis va se fissurer et Anouk découvrira sa mère sous un nouveau jour, dans une scène ou Emilie Dequenne sera bouleversante de fragilité.

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On regrette que l’intrigue se corse un peu tard après une première partie assez longue ou Anouk « intègre » l’entreprise avec ses yeux innocents. Sa découverte des problèmes de Nadia Choukri, (Sabrina Ouazani Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, La source des femmes de Radu Mihaileanu), jeune veuve seule avec deux enfants qui risque l’expulsion à cause de son dossier d’assurance va transformer sa vie et mener à Anouk à enquêter pour tenter d’aider Nadia.

Jeanne Jestin, treize ans au moment du tournage, est une belle découverte dans ce rôle principal tant sa jeune personnalité crève l’écran. C’est très ressourçant de voir une comédie grand public qui n’oublie pas de s’ancrer dans un réel pas forcément rose au sein de l’entreprise avec ses réalités ubuesques et qui, au-delà de son genre premier n’en oublie pas de dénoncer des failles de la société.

Bientôt : Entretien avec Emilie Dequenne !