La Nuit du 12, Un thriller universel de Dominik Moll

Dominik Moll nous a habitués à des récits fleurant avec un arrière goût de thriller savamment distillé comme Harry un ami qui vous veut du bien, Seules les bêtesLa Nuit du 12 ne déroge pas à la règle et se place d’emblée en haut de l’affiche. Incroyablement palpitant, ce thriller politique traite d’un fait réel, le meurtre non élucidé d’une jeune femme en 2016. Dominik Moll s’est basé sur l’ouvrage 18.3 Une année à la PJ de Pauline Guéna (2021).

Le ton est donné dès le début du film. 800 enquêtes pour homicides, 20% irrésolues. Il s’agira de l’une d’entre elles. Grenoble, 2016. Une jeune femme, Clara est sauvagement assassinée, brûlée vive. La nuit du 12. Voilà le point de départ de l’enquête pour découvrir ce qui s’est réellement passé cette nuit-là. Un crime qui hante les enquêteurs à la recherche du moindre détail qui les aiderait à reconstruire le puzzle des faits.

Le regard à la fois documentaire et fictionnel du livre transparait dans le long métrage. Le meurtre est extrêmement choquant. Très visuel, il constitue déjà un élément cinématographique en soi. En dehors de ce choc frontal, la mise en scène se dévoile toute en sobriété et en efficacité (ambiance L627 de Bertrand Tavernier), afin de suivre son sujet au plus près, l’enquête. S’éloignant ainsi de tout esthétisme malvenu ou d’effet de voyeurisme. Bastien Bouillon interprète brillamment Yohan, ce capitaine concentré sur les raisons de ce meurtre atroce. Bouli Lanners, Marceau, son collègue, travaille avec lui sur le crime. Dominik Moll met en scène des humains faillibles à la psychologie foisonnante. Le spectateur perçoit le point de vue des inspecteurs de la PJ, qui consiste à chercher une aiguille dans une botte de foin sachant que le temps de l’enquête est essentiel à son dénouement… L’enquêteur est face au vide. Dominik Moll met en scène le total flou dans lequel baignent ces hommes. L’image extrêmement efficace est celle de ce capitaine cycliste qui tourne infiniment sur le circuit d’un vélodrome. Lieu de concentration, d’exorcisme d’un stress latent face au devoir de rendre justice. Une réussite.