Daily Cannes! Luc et Jean-Pierre Dardenne, Jeunes Mères:«Ce sont des personnages d’aujourd’hui»

Jean-Pierre et Luc Dardenne

Dans leur dernier long métrage, Jeunes Mères, les frères Dardenne s’intéressent à un problème fondamental, la maternité adolescente. Ils parviennent ainsi au coeur de l’existence par la naissance, à travers des protagonistes tels qu’ils les définissent, des adolescentes en devenir, confrontées cette fois à une difficulté de taille, celle d’élever un enfant. Luc le cadet et Jean-Pierre son aîné, parviennent avec ce sujet inédit à se renouveler. Ils créent un film choral avec cinq personnages principaux dont les destinées sont toutes liées à la même maison maternelle, sorte de phare dans le brouillard pour ces jeunes filles mères en plein doute adolescent. Un film très beau, émouvant, qui donne un nouveau souffle à leur cinéma. La multiplication des points de vues des personnages fait de Jeunes Mères une réussite, d’autant qu’il suscite l’espoir. Après deux Palmes d’or et plusieurs prix, les cinéastes belges sont une nouvelle fois sélectionnés en compétition officielle au 78ème Festival de Cannes où ils ont décroché le prix du scénario.

Dans Jeunes Mères vous semblez renouveler votre Cinéma.
Luc Dardenne:
On voulait effectivement changer quelque chose. La rencontre avec la maison maternelle a été déterminante. On avait une histoire avec un personnage principal, une fille qui était placée dans une maison maternelle où elle venait d’avoir un enfant avec lequel elle ne trouvait pas le lien. Elle rencontre un garçon un peu simple d’esprit et qui allait l’aider, sans le vouloir, à trouver une relation avec la vie et avec l’enfant. On est allés visiter la maison maternelle. On savait que ça existait mais on ne savait pas comment ça fonctionnait. C’est en allant là, en rencontrant ces jeunes mères, psychologues, éducatrices, qu’on a été conquis par le groupe et aussi par la tendresse, la douceur qu’il y avait là, bien que ces destins soient parfois très tragiques. On s’est alors dit que peut-être on pourrait essayer de filmer un groupe, des jeunes mères, parfois dans la maison ou en dehors, on ne savait pas très bien. Au début on les voyait plus ensemble dans la maison, puis elles se sont séparées dans nos têtes, si je puis dire. On a raconté l’histoire de chacune séparément, puis on les a liées avec toujours la hantise de faire un film trop construit.

C’est une nouveauté pour vous de réaliser un film choral, avec plusieurs personnages.
Jean-Pierre Dardenne: Comme dirait quelqu’un, c’est radicalement nouveau! On ne l’avait jamais fait. Nos premières rencontres, nos visites dans cette maison et le fait d’avoir vu la manière dont la fragilité de la vie était préservée dans cet endroit malgré tous les problèmes, tout cela a joué et même si on ne savait pas quoi ni comment changer, une alchimie a eu lieu. Toutes les séquences concernant la maison maternelle du film sont tournées dans celle où nous sommes allés au début, il y a un an et demi.

Quel est le déclic qui au départ vous a donné envie de traiter de la maternité adolescente ?
Luc Dardenne: On en sait rien. Si on regarde un peu nos films, La mère d’Igor (Jérémie Rénier dans La Promesse ndlr), n’est pas là. Rosetta a un rapport difficile avec sa mère. Le gamin au vélo, sa mère est morte, mais il trouve une mère en Samantha, Cécile France. Quelque chose nous intéresse puisqu’on avait déjà placé cette fille, Jessica dans une maison maternelle alors qu’on ne savait pas ce que c’était exactement. L’aspect social joue. Ces jeunes mères appartiennent souvent à des familles au destin social très fort, décomposées, précaires, socialement et économiquement. L’affectif aussi marque ces familles par la carence. C’est difficile de vous répondre. Simplement le fait aussi qu’elles soient adolescentes. Beaucoup de nos personnages le sont. Peut-être au bord de l’adolescence, mais jamais adultes. Les personnages principaux sont des gens encore pleins de possibles. Même si dans certaines situations comme celle de jeune mère, ces possibles sont très réduits. En racontant les cinq histoires pour nous-mêmes avant de les mettre ensemble, on a voulu que chacune finisse vers une lumière, quelque chose de fragile, pas triomphant, mais qu’elles s’en sortent. Qu’elles ne soient pas seulement les victimes de leur situation, mais soient celles qui se battent pour sortir de ça, d’une manière ou d’une autre.

Dans ce film-ci vous refusez le déterminisme social en quelque sorte.
Jean-Pierre Dardenne: Et on fait confiance à la fiction. La fiction c’est donner des possibilités au réel, ce n’est pas pour le camoufler. Ces possibilités existent puisque ces jeunes filles refusent parfois même de manière inconsciente d’être seulement l’objet de leur destin. Elles veulent s’en sortir et ont chacune un objectif. Quand on a su qu’on allait choisir différentes personnes et faire un film choral on s’est tout de suite dit, « Il faut qu’elles s’en sortent ». Sinon on ne l’aurait pas fait. On attend d’un film qu’il offre aussi des possibles, pas seulement pour rêver mais de vraies possibilités qui permettent de regarder la vie autrement.


On est au cœur de l’humain avec le thème de la naissance. Vous parliez du fait que vos personnages soient toujours des jeunes. Qu’est-ce qui vous passionne tant dans le fait d’épouser le point de vue de personnages adolescents?
Luc Dardenne: Qu’ils soient à un moment clé de leur vie. Ils peuvent aussi être sous l’emprise de leur manque, de leur pauvreté, de leur détermination sociale, économique, psychologique, mais en même temps ils peuvent changer et découvrir quelque chose qui peut venir se substituer à ce qui leur a manqué. La maison maternelle c’est ça. Ce service public donne l’occasion d’avoir une réalité de vie et des relations humaines fortes. Il faut aussi qu’il y ait une ouverture de la part des jeunes mères évidemment, parce que certaines viennent là aussi parce qu’elles y sont obligées quand le service d’aide à la jeunesse décide qu’il n’est plus possible que cette jeune femme vive là où elle vit, comme dans la rue par exemple. Mais la plupart sont heureuses d’être là. Et si vous voulez quitter la maison maternelle vous pouvez, on en a connu qui venaient une semaine et disaient « Oh non, il y a de la discipline. Je dois me lever, je dois ci, je dois ça ».
Jean-Pierre Dardenne: Et puis il faut avoir comme elles le disent des projets de vie.
Luc Dardenne: Vous avez accouché, il y a un parcours et il faut qu’au bout du compte vous alliez, retourniez ou découvriez, ça dépend, l’école, parce que certaines ont parfois décroché. Ou bien apprendre un métier, comme Julie qui voudrait être coiffeuse. C’est ce que l’on aime bien filmer. La maison maternelle est un lieu de conversion, de transformation de ces filles perdues au départ qui ont besoin d’aide. L’aide peut leur permettre de dire «Je suis responsable de ma vie et de celle de mon enfant. Je dois donc faire attention à lui ou à elle», même si l’on sait que des déterminations existent. « Et en même temps, ce n’est pas seulement un poids dont je devrais me débarrasser où que je devrais oublier », parce que c’est ça qui est formidable aussi, que l’on garde l’enfant ou qu’il soit confié à une famille d’accueil, l’intérêt de l’enfant est là. Se rendre compte que pour l’intérêt de l’enfant c’est mieux de ne pas prétendre s’en occuper à quinze ans, ça peut être très bien aussi. Ces maisons ne vous culpabilisent pas comme pourrait le faire une mère, celle d’Ariane par exemple. C’est difficile de se séparer de son enfant quand on a une mère qui dit que c’est une saloperie de faire ça.

Dans une séquence très forte, Ariane doit attacher son nourrisson dans la voiture. Vous restez assez longuement sur le nourrisson. Pourquoi faites-vous ce choix ? Jean-Pierre Dardenne: A un moment donné on passe de l’un à l’autre. Voir cet enfant sourire dans cette situation, c’est ce qui reste. C’est étonnant parce que les bébés ne jouent pas, ils sont documentaires du film si je puis dire. Ils sont aussi l’écho de certaines scènes notamment dans les tensions. On sentait qu’ils les vivaient aussi. Et là, pourquoi est-ce que ce môme sourit ? Il ne l’a pas fait à chaque prise, on en a fait deux ou trois et soudain, il sourit. Je pense que c’est lié dans la vraie vie au bon rapport que la comédienne qui interprète Ariane (Janaina Halloy Fokan ndlr) avait noué avec cet enfant. Et peut-être aussi que c’est tout simplement parce que le môme était content d’être sur son maxi-cosy dans la bagnole et se disait « On va partir ! ».
Luc Dardenne : Il aimait bien être dans la voiture.
Jean-Pierre Dardenne: Dans le film il y a tout le temps une multiplicité d’enfants. On l’avait vu quand on est allés dans la maison maternelle la première fois. On s’était dit qu’il y avait plusieurs personnages dans le film et qu’il fallait que les bébés soient là, présents. Ce sont les enjeux des scènes, ils en font partie.

Les bébés constituent une matière réelle que vous ne pouvez pas gérer en tant que cinéastes.
Jean-Pierre Dardenne: Oui, mais c’est rien. Nous faisons en sorte qu’ils puissent être filmés et fassent partie du film.
Luc Dardenne: C’est un gros changement.
Jean-Pierre Dardenne: Parce que c’est un imprévu permanent. Priorité à l’enfant, au moindre problème on arrête tout de suite de tourner bien sûr. On expliquait à la comédienne, « mais si l’enfant, dans la scène qu’on va tourner maintenant ou tu dois, je ne sais pas, déposer cet enfant, et puis partir faire quelque chose ici. Si cet enfant quand tu l’as déposé pleure, par exemple, il faut que toi dans la scène tu en tiennes compte. S’il pleure trop longtemps on va penser que cette femme ne s’intéresse pas à lui, alors que ce n’est pas ça que l’on veut raconter dans cette scène, donc il faut que tu t’en occupes » . « Ok ! ». « Et ne t’en fais pas, si ça ne va pas, si on trouve que c’est trop long ou autre, on coupe ». Et il se fait qu’à chaque fois ça s’est bien passé, ça a amené quelque chose. Par exemple quand Ariane met l’enfant dans les bras du couple qui va adopter, elle dit, « Je voudrais vous poser une question », puis l’enfant commence à pleurer. C’est le talent de la comédienne. Elle prend l’enfant, il pleure et attend qu’il ne pleure plus. Ça ne dure pas trop longtemps. Le spectateur se demande « Que va-t-elle leur poser comme question? » Et elle la pose à propos de la musique. Cela enrichit la scène, lui donne un rythme auquel nous n’avions pas pensé. Ils ont à chaque fois été formidables les mômes. Au bout du compte dans le film que vous avez vu, chaque mère traverse le film avec un seul bébé. Sauf Perla, il y a une petite scène au début. Pour Ariane c’est tout le temps le même bébé.
Luc Dardenne: Ce qui a changé pour nous, c’est que nous n’avons plus cherché la perfection du plan. On a dit l’enfant était bien là et toi aussi à l’actrice évidemment. Mais ça va, on arrête. Donc on a fait à chaque fois 5, 6 prises au lieu de 20.

Avec les bébés vous ne pouviez sans doute pas répéter tant que ça…
Jean-Pierre Dardenne: On ne répétait pas avec les bébés.
Luc Dardenne: On l’avait fait avec des poupées. On a uniquement répété avec les bébés pour voir comment les jeunes filles se débrouillaient avec eux à la fin des répétitions. Mais par exemple dans la scène où Julie est avec le portable où apparaît son ami Dylan et le premier témoin du mariage, le bébé doit dormir et il faut qu’il dorme. Elle a pleuré et puis s’est endormie. On ne pouvait pas tourner la nuit, on tournait la journée, en fausse nuit, vers 15h-14 heures. Il allait se réveiller et on aimait bien que ce soit ce bébé-là parce qu’il avait déjà fonctionné avant dans d’autres scènes. On espérait qu’il dorme bien. Julie dit « Regarde elle dort ». Si la petite n’avait pas dormi on aurait inventé autre chose, « Mais justement regarde, elle joue avec… ». On aurait donné quelque chose au bébé, il aurait joué. Un petit bout de tissu, un petit jeu, comme elle joue déjà avec des petites choses. On aurait inventé. Ça oblige à s’adapter aux imprévus. À adapter le plan, parce qu’il aurait duré plus longtemps. Elle n’aurait peut-être pas gardé le téléphone quand elle montrait le bébé alors que le témoin dit «Elle est belle». Cela aurait pris un peu plus de temps, mais alors?
Jean-Pierre Dardenne: Il participe à toutes les scènes. Quand Julie ne veut pas sortir, l’enfant sent la tension, il a pleuré à chaque fois. Et au moment où la mère d’Ariane veut faire la photo avec le bébé, « Photographie-nous ! ». A chaque fois, comme dans la vie, le môme regarde l’appareil et ça c’est formidable.
Luc Dardenne: Il regarde l’appareil mais ne regarde pas la caméra après.
Jean-Pierre Dardenne: Il suit sa mère parce qu’elles ont réussi à créer des liens avec les enfants.
Luc Dardenne: Etre dans la tête d’un bébé c’est difficile, mais on avait répété le plan, on refaisait la même chose. Est-ce qu’il aimait ça ?
Jean-Pierre Dardenne : Oui je pense qu’il aimait ça, nous sommes tous des êtres d’habitude.
Luc Dardenne: Il aimait refaire les mêmes trucs. Elle le mettait dans la poussette, c’est peut-être ça qu’il attendait. Il ne regardait pas la caméra. Difficile de dire pourquoi, parce qu’il est là avec ses pulsions, ses désirs, ses intérêts.

C’était une expérience nouvelle pour vous.
Jean-Pierre Dardenne: Absolument et dans la dernière scène quand l’enfant est à table, c’est bien de voir ce bébé qui mange. Si on fait vingt fois la prise ce môme ne mange plus. On peut changer d’enfant mais là il est important de garder le même que dans les scènes précédentes, parce qu’on le voit vraiment bien et le spectateur va être troublé. On a pas tellement de latitude et à un moment donné on y va. Et le bébé était formidable. Son père du film (Dylan, Jef Jacobs ndlr) s’en occupe formidablement bien, il joue et fait tout ce qu’il faut. Le bébé mange bien. Et c’est bon. Très bon comédien!
Luc Dardenne: Sinon on devait attendre tout l’après-midi le temps qu’il mange avec la vraie maman et puis on l’aurait laissé finir sa sieste. On aurait tourné à 15h ou le lendemain, parce qu’on était prêts évidemment à attendre que ce soit elle, la petite qui joue Mia.

Dans Tori et Lokita vous évoquiez des usines de drogue dans les zones industrielles belges, aujourd’hui le trafic de drogue est partout. Le droit à l’avortement et ceux des femmes reculent dans de nombreux pays et vous réalisez Jeunes Mères. Avez-vous le sentiment d’alerter sur certains sujets sociétaux graves dans votre cinéma ?
Luc Dardenne: Nous sommes à l’écoute de ce qu’il se passe dans la société. Prenons le cas particulier du film L’enfant. A ce moment-là on avait l’idée de réaliser un film avec une jeune femme et un enfant qui venaient rôder sur le plateau du film Le Fils et qu’on avait rencontrés. Mais Jean-Pierre va en Italie et apprend qu’il existe un réseau de vente d’enfants nés en Italie vers un autre pays. On se demande comment il est possible de vendre son enfant. Il faut être très pauvre pour faire ça, être devenu cynique. C’est un fait divers rare. Évidemment ça se confirme, on découvre le même réseau en France à partir d’un HLM français vers la Bulgarie. Voilà des faits divers dont les médias nous ont informés que l’on pense être symptomatiques de quelque chose qui est là, qui s’annonce. Et quand la police nous a parlé d’une jardinière comme est Lokita, de jeunes vietnamiens faisaient ça pour gagner de l’argent afin d’aller en Angleterre. On s’est dit, voilà un personnage d’aujourd’hui. Comme avec Rosetta d’ailleurs. Il ne s’agit pas de lancer une alerte, on se dit que ce sont des personnages d’aujourd’hui.

Vous dénichez quand même le petit problème. Le Narcotrafic aujourd’hui explose.
Luc Dardenne: Et on tue des jeunes. On avait inventé le fait que des mineurs distribuent de la drogue. Il y a aujourd’hui un rapport qui en parle. Il y a même eu le témoignage d’un jeune migrant masqué au journal télévisé. Il raconte qu’il fait effectivement comme ils le font dans le film. Il va frapper aux portes et il est prévu qu’il apporte la drogue. C’est quand même dingue.

Vous avez remporté deux Palmes d’or et de nombreux prix au festival de Cannes. Vous êtes une nouvelle fois sélectionnés en Compétition Officielle, quelles sont vos impressions ?
Jean-Pierre: On est contents et on espère pour le film et les jeunes filles qui ont travaillé pendant trente-huit jours plus les cinq semaines de répétitions. Elles ont donné le meilleur qu’elles pouvaient pour donner vie au film en jouant pour la première fois, c’est pas mal. Cannes est une vitrine extraordinaire pour le film. C’est bien que le film soit là et soit sélectionné en compétition officielle. Est-ce qu’il aura un prix ou pas, on verra, mais on espère qu’il ait vraiment un très bon accueil. Ça devrait pouvoir l’aider en salle.

Le festival de Cannes a toujours défendu la chronologie des médias par rapport aux plate-formes et a toujours défendu la salle de cinéma. A l’heure ou les Etats-Unis pourraient menacer de taxer le cinéma européen, quelle est votre position là-dessus?
Luc Dardenne:
La même que le festival de Cannes. Les plates-formes quelle que soit leur puissance, doivent accepter que les films de cinéma sortent en salle. Ils ont les séries qui sont faites pour cet écran-là. Ce n’est pas parce qu’un film sort en salle qu’il ne va pas marcher en plate-forme. Si on a envie de revoir le film on ne le regarde plus en DVD mais sur la plate-forme. Il ne faut pas qu’ils craignent ça. Mais c’est un combat culturel, aller au cinéma est un acte social, comme aller au théâtre, au concert. Comme aller ensemble quelque part, rencontrer des gens, aller manger après, rentrer chez soi et discuter autour d’un verre, ou aller dans un bistro. Ça devient un phénomène et on en parle au bureau, à l’usine. Comme un match de football sans mettre de hiérarchie entre ces activités. C’est la même chose. On en parle, on discute. Aller au cinéma est un acte social et j’espère que cela le restera dans nos démocraties.

Propos recueillis par Stéphanie Lannoy, Festival de Cannes 2025.
Portrait de Jean-Pierre et Luc Dardenne, © Christine Plenus.

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