Rock’n roll ! Guillaume Canet réalise une comédie hilarante et inattendue sur un pétage de plomb dans le showbiz parisien – En salle le 22 février

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Guillaume Canet, 43 ans, a tout pour être heureux. Une vie de couple avec Marion Cotillard, un fils adorable… La belle Camille, actrice de 20 ans avec qui il tourne un film va remettre en cause ses certitudes. Elle lui assène qu’il n’est pas très Rock, qu’il ne l’a jamais été et qu’il a chuté dans la liste des comédiens qu’on aimerait bien se taper… C’est l’occasion d’une terrible remise en question pour l’acteur qui va comprendre l’urgence de changer cette image ringarde devant son entourage médusé.

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Avec Rock’n Roll, Guillaume Canet (Mon idole, Ne le dis à personne, Les petits mouchoirs), signe son cinquième long-métrage dans un genre où on ne l’attendait pas. Il réalise un film sur lui-même et ses proches, son couple, son entourage, son producteur, tout cela dans le milieu du star-système parisien. La comédie est poussée à son paroxysme flirtant parfois avec la comédie musicale et le burlesque. Le cinéaste ne recule devant rien, on est surpris de ce point de vue décalé sur sa propre vie et on adore.

Annoncé par une redoutable campagne de promotion, le Rock’n roll challenge, lancé par le réalisateur sur les réseaux sociaux, bataille de photos ringardes sur le web avec Marion Cotillard puis relancé par les acteurs, le film a attisé notre curiosité, bref on l’attendait au tournant. On pensait que le réalisateur aborderait ce sujet touchy qu’est sa propre vie et la crise de la quarantaine par un traitement classique à la Guillaume Canet. A ce titre le film surprend. La comédie démarre tranquillement avec un Guillaume Canet dépressif, pour finalement se lâcher totalement en versant dans la caricature.

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Le casting est évidemment délectable. Tout le milieu culturel Parisien est présent de Gilles Lellouche à Johnny Halliday. Même le producteur délégué du film, Alain Attal, interprète son propre rôle. C’est un véritable film dans le film qui se joue devant nos yeux puisque Guillaume Canet propose une idée de film sur lui-même aux producteurs, Yvan et Alain Attal (qui ne sont pas frères dans la vraie vie), qui balaient l’idée arguant qu’un film sur sa femme intéresserait davantage le public, qu’il faut  » faire rêver d’Hollywood « . S’ajoute à cela le tournage sur lequel travaille le comédien, dirigé par Philippe Lefebvre en réalisateur contrarié qui tente de mener son projet à bien.

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L’histoire est servie par des dialogues redoutables et comiques, de « Monsieur Cotillard » balancé par le maraîcher, à « L’équitation m’a sauvé de la drogue », réponse de Guillaume à une journaliste de Elle, en passant par « Mon pitou ! » surnom affectueux lancé par Marion Cotillard à son homme. En plus du film dans le film, on note de nombreuses références diverses et variées. En soirée alors que Gilles Lellouche s’apprête à démarrer son scooter Guillaume inquiet, lui dit : « Fais gaffe en rentrant ! », on pense évidemment Aux Petits Mouchoirs et à l’accident de scooter du personnage incarné par Jean Dujardin, point central du récit.

Guillaume Canet surprend par un cinéma différent de celui qu’on lui connait et on admire le recul du réalisateur sur sa propre vie, les risques qu’il prend aussi en proposant au public un film où le no limit est roi. Ce long-métrage est aussi un joli pied de nez du couple Cotillard-Canet face aux médias et aux intrusions diverses. Les aventures du personnage résonnent dans le réel puisque ce que franchit le personnage c’est aussi ce que Guillaume Canet tente dans sa réalisation, se renouveler, exploser les codes. Challenge réussi, Rock n’roll Guillaume !