Miraï ma petite soeur, le voyage majestueux d’un enfant dans l’arbre généalogique familial

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Miräi ma petite soeur est un vrai coup de coeur. C’est le dernier long-métrage de Mamoru Hosoda (Le garçon et la bête), l’un des maitres de l’animation Japonaise, qui a fondé en 2011 son propre studio d’animation Chizu, dédié aux long métrages. Le cinéaste met en scène l’intimité d’une famille à travers les yeux d’un enfant sur un scénario signé de sa main et y ajoute une réalisation extrêmement maîtrisée. Hyper inventif, ce conte part d’une réalité quotidienne, le réel d’une famille qui après s’être étoffée d’un chien et d’un premier enfant s’apprête à l’arrivée d’un bébé. La vie du jeune Kun va être bouleversée par la venue d’une petite soeur. C’est à travers les yeux de ce petit garçon, pas forcément ravi de se voir ainsi voler l’amour de ses parents que va se dérouler le récit. Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, le film était nommé à l’Oscar du Meilleur Film d’Animation 2019.

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Choyé par ses parents, Kun est très heureux jusqu’au débarquement de Miraï, sa petite soeur. Jaloux de ce bébé-sangsue qui absorbe le temps et l’amour de ses parents, il va peu à peu se replier sur lui-même. Il va se réfugier dans son jardin où un arbre généalo-magique l’emmènera vivre des aventures initiatiques inédites. Kun voyagera dans le temps, passé ou futur et rencontrera ses proches à différents âges de leur vie. Il se rapprochera ainsi de sa propre histoire et apprendra à grandir.

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Le point fort du film est incontestablement un récit profondément imaginatif basé sur la psyché d’un enfant qui va réussir un parcours initiatique semé d’embûches, où le merveilleux contrebalance ingénieusement la réalité. On aime ce conte car il envisage la famille dans toute sa complexité. Il ne s’agit pas ici d’en esquisser une image idéalisée, les problèmes sont réels et concrets. La mère va reprendre son travail pour pallier l’absence d’une collègue enceinte. Le père, architecte free-lance, décide de gérer la maisonnée en travaillant à domicile. Il ne s’est pas occupé de son premier enfant et découvre la machine à laver… Rien à faire, on est loin de l’univers fantasmé de Peau d’âne.

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L’aspect réaliste se mêle parfaitement au merveilleux dans des séquences touchées par la grâce. Le moment où Kun découvre sa petite soeur pour la première fois est un instant de pur bonheur en apesanteur. Mamoru Hosoda a le talent de montrer le malheur d’un petit garçon et de réussir des envolées lyriques exceptionnelles. Il y a de la magie dans ce film.