Anthony Bajon crève l’écran dans Teddy

Après des œuvres comme Grave de Julia Ducournau, Teddy vient confirmer le retour du cinéma de genre dans le cinéma français.Ludovic et Zoran Boukherma réalisent un premier long métrage à la force narrative explosive qui en fait une belle réussite. Les deux frères se sont lancés dans l’écriture de ce long métrage d’horreur à partir de leur précédent court-métrage La Naissance d’un Monstre. Teddy fait partie de la Sélection de Cannes 2020.

Un village dans les Pyrénées est menacé par la présence d’un loup. Teddy, post-ado déscolarisé habite chez son oncle Pépin et partage son temps entre sa petite amie Rebecca et le salon de massage dans lequel il travaille. Un jour, il est griffé par une bête inconnue.

Crâne rasé, T-shirt au dragon enflammé et Doc’s Marten’s, Anthony Bajon (La Prière de Cédric Kahn, Ours d’Argent du Meilleur Acteur au Festival du Film de Berlin 2018) crève l’écran en Teddy, un vrai dark qui écoute du hardcore. Car il est nerveux Teddy et ce n’est pas de gaieté de cœur qu’il travaille dans le salon de massage Les Doigts de Ghislaine.

Les protagonistes sont extrêmement bien définis, avec style. Dans une démarche narrativement riche les cinéastes font le pari de mélanger acteurs professionnels et non professionnels. Personnage emblématique, Pépin affiche une innocence contenue proche du mystique. Ludovic Torrent acteur non professionnel se révèle fascinant dans ce rôle. Rebecca, Christine Gauthier, petite amie de Teddy est une jeune femme blonde et sexy au sourire tout en appareil dentaire. Noémie Lvovsky a muté en une vampirisante patronne de salon de massage.

Si la mise en scène n’est pas parfaite – premier film oblige – affublé d’une touche d’humour, Teddy – notamment à la fin – possède la force des récits de Stephen King, on pense notamment à Carrie (au bal du diable) réalisé par De Palma. Le tout dans un village de la France profonde. A voir donc et des réalisateurs à suivre !