Romeria, un voyage initiatique touché par la grâce de Carla Simon

Carla Simon (Eté 93, Nos Soleils) fictionnalise sa propre histoire dans Romeria, un voyage initiatique à l’écriture subtile et singulière. La cinéaste retrace une quête d’identité bouleversante dans un film touché par la grâce dont le regard neuf bouleverse positivement le spectateur. Le film était sélectionné en Compétition Officielle du Festival de Cannes 2025.

Marina, 18 ans a besoin d’un document d’état civil pour son inscription en études supérieures. Adoptée depuis l’enfance, elle doit pour cela renouer avec une partie de sa famille paternelle. Guidée par le journal intime de sa mère, elle se rend sur la côte atlantique espagnole et rencontre des parents inconnus. L’arrivée de Marina va ressusciter le passé mais aussi les secrets de ce noyau familial bien mystérieux.

La cinéaste livre une chronique intimiste et personnelle sur la recherche de ses parents par Marina, double d’elle-même. Caméra à l’épaule, la jeune femme filme sa quête en vidéo et livrera des bribes du passé dans cette famille où elle constitue malgré elle un élément perturbateur. Llúcia Garcia éclaire de sa présence solaire le rôle de Marina face à Mitch Robles danscelui de Nuno. Sur son parcours la jeune femme affrontera de terribles vérités et déterrera dessecrets de famille enfouis, actualisés à l’état de traumas générationnels. Son père qu’elle croyait mort quand elle était bébé est décédé bien plus tard en 1992. Sa maladie, le Sida a duré longtemps et a été cachée honteusement.

Carla Simon signe un exercice d’écriture intimiste et poétique d’une grande liberté. Elle pose un regard mature et poétique sur cette histoire. A partir d’une photographie la cinéaste imagine ses parents à Vigo ; là où ils ont vécu leur histoire d’amour. Elle réveille les fantômes de ces êtres chers dans la fleur de leur jeunesse par un procédé délicat. Les mêmes acteurs incarnent soudain les parents de Marina dans des costumes des années 70. Un récit qui ne laisse pas indemne et se laisse revisiter longtemps après la vision du film.

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Photo © Quim Vives, Elastica Films