Out Stealing Horses de Hans Petter Moland, retour sensible sur une enfance enfouie

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Onzième film de Hans Petter Moland, Out Stealing Horses est l’adaptation du roman éponyme à succès de Pet Petterson, paru en 2003 et traduit en 50 langues. Sélectionné à la Berlinale, le film représente la Norvège aux Oscars.

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Veuf depuis peu, Trond, 67 ans, Stellan Skarsgård (dont c’est la quatrième collaboration avec le cinéaste) emménage dans une maison reculée en pleine forêt norvégienne. Une rencontre avec un voisin de son âge, Bjørn Floberg, lui rappellera l’été 1948, celui de ses quinze ans qu’il a passé avec son père, Tobias Santelmann, un père séduisant et fantasmé. C’était un été chaud, en pleine nature, bref, parfait, jusqu’à ce que le jeune Trond rencontre la mort pour la première fois.

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La subtile mise en scène de Hans Petter Moland rend la narration fascinante. Le récit fonctionne beaucoup sur les sensations, grâce à une image – le Directeur Photo Rasmus Videbaek à reçu l’Ours d’Argent de la Meilleure Contribution Artistique à la Berlinale – et une bande son très immersives. Le jeune garçon court dans la nature les yeux fermés, bras écartés pour mieux ressentir les herbes folles et ce qui l’entoure, comme le soleil sur sa peau. C’est très beau. Cela rappelle un peu le cinéma de Terrence Malick mais en moins perché, ce qui n’enlève rien, bien au contraire.
La temporalité du récit est extrêmement intéressante. Des flash-backs sur l’enfance du personnage principal nous sont donnés par fragments dans un montage très réussi.
Si la nature est majestueusement filmée, les gestes du travail ne sont pas en reste. On découvre à travers le regard du jeune Trond la vie des négociants en bois, la dangerosité du métier, lui aussi profondément ancré dans le cycle de la vie. Les arbres sont coupés à certains moments de l’année, et dériveront le long de la rivière jusqu’à leur destination citadine.

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L’aspect psychanalytique ressort peut-être un peu trop de cette histoire qui a bouleversé le personnage principal, mais elle emmènera le spectateur de manière très immersive dans un océan de beauté.