Le (petit) journal du 70e Festival de Cannes – Loveless (Faute d’Amour) & Wonderstruck

Un point commun pour les deux films de ce (petit) journal en Compétition Officielle : Deux histoires dont le personnage principal est un jeune garçon de douze ans aux prises avec l’existence. Le premier, Nelyubov, dans un traitement très réaliste tandis que le second, Wonderstruck, fait appel au conte pour un récit plus en douceur.  Deux grands films très différents.

Nelyubov / Loveless / Faute d’amour de Andrey Zvyagintsev – Compétition Officielle

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5c

Le réalisateur Russe Andrey Zvyagintsev avait déjà sévit avec Léviathan, Golden Globe 2015 du meilleur film en langue étrangère, Prix du scénario à Cannes en 2014, comme avec Elena, Prix du Jury dans la Sélection Un Certain Regard à Cannes en 2011.

A la fois drame familial et thriller, le très réaliste Nelyubov raconte la disparition d’un enfant dans le climat houleux de la séparation de ses parents.

Le cinéaste nous offre un film fort, puissant et réaliste, dans lequel il analyse le comportement de ses personnages au microscope, un par un, jusqu’à leur mise à nu, le tout en portant un regard sans concessions sur la société dans laquelle ils évoluent.

Wonderstruck / Le musée des Merveilles de Todd Haynes – Compétition Officielle

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4c

Todd Haynes a réalisé le très apprécié film Carol, lauréat de multiples Oscars en 2016. Sur un scénario adapté du roman de Brian Selznick, L’invention de Hugo Cabret, ce drame fantastique raconte avec douceur et émerveillement les destins de deux jeunes enfants à des époques différentes, qui vont se ressembler avec une symétrie impressionnante et d’autant plus étrange.

Ce long-métrage déborde d’inventivité. Le scénario est fort bien tissé et l’on est emmené dans les aventures de ces deux protagonistes. Tous les éléments du langage cinématographique sont très recherchés et exploités à bon escient, pour épouser le récit et produire du sens. On reste impressionné par la créativité des outils narratifs qui semble illimitée. Image bleutée, grain, ralentis, noir et blanc, titrages, musique expressive, animation… Tout est bon pour le cinéaste afin de servir son histoire et produire du sens. Et forcément, le spectateur est aux anges, charmé par ces jeunes comédiens que l’on est convaincu de revoir bientôt, Oakes Fegley, Millicent Simmonds et Jaden Michael. Soulignons également la présence de Julianne Moore et Michelle Williams.

Le film emprunte de nombreuses références à l’histoire du cinéma elle-même, comme de petits clins d’œil élégants : furtif à Nosferatu, ou plus affirmé avec le rôle de Julian Moore, la star Lilian Mayhew qui joue notamment dans La fille de l’orage, référence à Lilian Gish dans A travers l’orage. On applaudit aussi la reconstitution historique des années 1930 et 1970, et surtout ce recours au cinéma muet, clé du récit pour évoquer le thème de la surdité. A noter que l’équipe du film a été ovationnée par le public après la projection…

To be continued…