Okja, bouleversante histoire d’amour entre une orpheline et un cochon-géant-écolo, Spectaculaire, attachant et corrosif – Compétition Officielle à Cannes

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Avec Okja, Bong Joon-ho (Barking dogs, The Host, Snowpiercer) réalise à la fois un conte d’anticipation et une critique acerbe de notre société à deux vitesses et à deux morales. Okja est aussi un vrai plaidoyer pour la cause animale. Après ce film vous ne serez plus pareil, promis.

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La jeune Maja, adorable orpheline au visage rond et solaire (Seo-Hyun Ahn, The Housemaid), a élevé avec son grand-père dans les montagnes de Corée du Sud, Okja, un cochon biologique. 10 ans auparavant, un concours avait en effet été lancé par la société Mirando – dont la chef charismatique, Lucy Mirando, est incarnée par la grandiloquente Tilda Swinton – pour envoyer aux quatre coins du monde 26 jeunes cochons biologiques et « couronner » le plus beau. Le concours va avoir lieu, il s agira donc pour l’entreprise de ramener chacune de ces bêtes des 26 pays où elles avaient été envoyées. C’est un présentateur TV hors pair qui s’en chargera en la personne du fantastique Jake Gyllenhaal, animateur et « ami des bêtes ».

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Le film est d’abord spectaculaire, son image somptueuse est signée Darius Khondji, César de la Meilleure photographie pour Amour de Michael Haneke. On est plongés dans la nature des montagnes de Corée avec bonheur, tout y est travaillé dans le détail. A la fois le son et l’image, comme les effets spéciaux, recréant avec art les cochons géants. Le film assume son message sans être totalement donneur de leçon, avec un Front de Libération des animaux constitué d’idiots. Soulignons d’ailleurs la présence de K, Steven Yeun (série Walking dead) et de Jay, Paul Dano (Prisoners de Denis Villeneuve). Okja n’est pas vraiment un conte pour enfant et l’on y passe du rire aux larmes sans transition.

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Au Festival de Cannes, Okja aurait mérité bien plus que des entrefilets évoquant sa non diffusion en salle dans certains pays, puisqu’il est produit par Netflix, qui réserve son film à la VOD sauf en Corée, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Voir le film en compétition d’un festival de cinéma a ainsi créé de fortes polémiques à Cannes, qui finalement, ont mis à l’arrière-plan l’oeuvre elle-même et c’est bien dommage. On lui souhaite quand même une sortie en salle chez nous, pour toutes ses qualités techniques qui magnifient vraiment son récit sur grand écran. Ceci d’autant plus que la fiction délivre un message actuel, sous-jacent et courageux envers le capitalisme, ses dérives et notamment son industrie agro-alimentaire. Il renvoie aussi à la responsabilité de chacun face au fait de manger des êtres vivants et sensibles, courageuse entreprise dans nos sociétés carnivores. A voir absolument.