So Long My Son, un chef d’oeuvre poignant de Wang Xiaoshuai ancré dans une Chine mutante – Grand Prix au BRIFF 2019

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Avec So Long My Son, le cinéaste chinois Wang Xiaoshuai signe une oeuvre majeure, intelligente, poétique, fine et sociétale. Avec des films tels Beijing Bicycle ou Une famille chinoise, le cinéaste fut plusieurs fois récompensé dans les grands festivals que sont Berlin, Cannes ou encore la Mostra de Venise. So Long My son, probablement son long métrage le plus réussi a remporté l’Ours d’argent du Meilleur acteur pour Wang Jingchun et celui de la Meilleur actrice pour Yong Mei au dernier Festival de Berlin. Il vient de décrocher le Grand Prix au BRIFF à Bruxelles. (entretien avec le cinéaste).

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Au début des années 1980, Liyun, Yaojun et leur jeune fils forment une famille heureuse. Le régime vient d’instaurer la politique de l’enfant unique. Un événement tragique va bouleverser leurs vies. Alors qu’ils tenteront durant 40 ans de se reconstruire, leur destin va s’entrelacer avec les profondes transformations de la Chine contemporaine.

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A travers une saga familiale se déroulant pendant 40 ans en Chine, Wang Xiaoshuai réalise un chef d’œuvre profondément ancré dans un pays en évolution constante, qui laisse parfois ses habitants loin derrière. Il lie avec talent l’historique du pays avec la destinée dramatique de ses personnages et leurs désillusions à travers le temps. La construction narrative très intéressante implique des époques qui se croisent et s’entremêlent judicieusement.

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Si les acteurs principaux Yong Mei (Liyun) et Wang Jingchun (Yaojun), qui interprètent ces parents bouleversants de vérité ont décroché deux Ours d’Argent au Festival de Berlin, c’est aussi et surtout le portrait d’un groupe à travers le temps particulièrement réussi auquel s’essaie le cinéaste. Celui d’un groupe de personnages confrontés aux lois dictatoriales d’un pays complexe, comme celle de l’enfant unique et dont les avancées économiques se font parfois au détriment de la population. Et au fond, le cinéaste questionne l’identité des chinois.
Les protagonistes auront des destinées parfois troublantes. Outre celle des parents, on retiendra le destin contrarié du copain rock n’roll, blouson de cuir et cheveux longs en bataille, arrêté par les autorités pour avoir dansé. Il déclarera, cheveux ras en prison à travers une vitre, devoir « modifier son comportement ». Mais aussi celle de la singulière jeune femme Moli, Qi Xi, dont les motivations resteront mystérieuses et personnelles.

Laissez-vous emmener dans les trois heures utiles de ce film à la narration fluide et extrêmement maîtrisée. Découvrez cet univers poétique et poignant avec tous ces personnages qui porteront les stigmates du temps qui passe, le tout ponctué par la chanson Ce n’est qu’un Au Revoir…

Entretien avec Wang Xiaoshuai